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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 19:02
Combien de fois entendons-nous ou lisons-nous cette petite phrase? Elle nous fait bondir, réagir, exploser. J'aime assez cette réaction car elle me parle de territoires auxquels je ne devrais pas avoir accès. Lorsque cette expression me frappe, c'est que j'ai franchi, en m'exprimant, des limites qui ne m'appartiennent pas, ou que la personne qui l'exprime, le perçoit ainsi.

De quoi vous mêlez-vous? Généralement, celui qui exprime cette question a lui-même franchi une ligne qui a dû me paraître à moi-même, excessive. Ma réaction utilise alors plus les  "il faut, tu dois" plutôt que le questionnement : pourquoi, comment?

Lorsque je reçois cette remarque "de quoi vous mêlez vous" ce n'est jamais dans l 'exercice de mon métier, car justement, mon métier aujourd'hui m'amène à "me mêler de". Je le fais en questionnement, l'autre ne l'entend pas comme une agression, mais comme une balise pour avancer lui-même.

Comment se fait-il que parfois, dans la vie quotidienne, dans les échanges quotidiens, il m'arrive de déraper et de m'entendre dire "de quoi vous mêlez-vous"?

Il ya deux éléments essentiels à considérer :

1 Ma propre perception de la discussion. J'interviens avec des mots, des expressions qui sont percus comme des contraintes, voire des jugements. J'interviens en croyant pouvoir le faire, en imaginant que je suis sur "mon" territoire", que je ne dépasses pas les limites acceptables.

2 La perception de l'autre. Il s'exprime pour se défendre, ayant perçu comme une entrave à sa propre liberté, une remise en cause sans concession, voire un jugement inéluctable. Il se sent piégé, et ressent un empiètement sur son propre territoire.

Cette notion de "dépassement des limites" me parait intéressante. Jusqu'où va l'interventionisme? Jusqu'où se situe le territoire de l'autre? Et lorsque j'interviens, est ce pour une cause juste ou plus certainement, pour avoir "raison"? A qui appartient ce sujet sur lequel j'interviens? Qui est concerné? Pourquoi est-ce que j'imagine que je peux le faire? Qu'est-ce qui m'y autorise?

Parfois l'autre imagine que j'ai empiété sur ses prérogatives, alors que je suis dans mon rôle, parfois non. Parfois nos deux interventions concernent une autre personne, et nous nous "mêlons" à deux de ce qui n'est pas de notre responsabilité.

Mais ce qui est le plus intéressant, ce sont les réactions exacerbées des deux protagonistes : on perd l'essentiel, le but initial, et on s'embarque dans une discussion qui n'a plus rien à voir avec l'objet initial. Ce qui signifie certainement que chacun reste sur ses positions, que rien n'a avancé. Dommage...

Oui, ce soir, je n'ai pas trop envie de "me mêler de quoi que ce soit", laissant à qui se pense Responsable, la liberté de le faire ou non. Vouloir avoir raison n'est pas raisonner, ce n'est bien souvent que le cheminement personnel d'une perception que l'on pense universelle. Je me méfie de ces vérités que l'on assène comme des lois alors qu'elles ne sont que le reflet de nos propres faiblesses.

Chacun doit pouvoir s'éclairer de ses propres erreurs, et cette petite réflexion me permet de garder un point d'interrogation ouvert : De quoi vous mêlez-vous? A moi d'y répondre en mesurant en toute humilité, mon niveau de responsabilité.



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Published by Michelle Bourgoin - dans L'agressivié
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1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 09:42

Je participe à plusieurs forum, et je suis toujours étonnée  de constater les problèmes d'interprétation qui  surgissent. Lorsque nous nous exprimons sur le net, dans des forums, des blogs, des sites, nous utilisons bien souvent un langage "parlé" plus qu'un langage écrit. De même sur MSN ou dans les mails.


L'interprétation de chacun passe par ses filtres personnels, ses expériences, son "éducation", sa personnalité, et des conflits peuvent alors surgir, alors que le message initial est énoncé, pour celui ou celle qui l'émet, dans une parfaite égalité d'humeur :) ...ou pas...


Nous réagissons en fait à ces messages comme s'ils nous étaient directement adressés, comme s'ils portaient un jugement sur notre propre jugement, comme s'ils nous étaient destinés à nous seuls. (Pour ce qui concerne les forums) Alors, nos poils se hérissent, nos neuronnes se révolutionnent et d'un clic rageur nous balançons une claque en un post ravageur. Le ton monte, les uns prennent parti, les autres se lamentent, et le message initial dérape totalement.


L'IRONIE est bien souvent utilisé.
Je dis l'ironie, car l'humour est autre chose. Pour moi, l'ironie c'est "rire au dépend des autres, et l'humour c'est rire et faire rire en présentant les choses, les évènements de façon décalée". Attention, sur le net, l'humour parfois peut être interprété comme de l'ironie si le décalage est trop grand entre nos propres valeurs, et celles des autres.

L'ironie pour moi, c'est une sorte de grincement dans la communication qui fait mal, une flèche qui porte un jugement sur une personne et qui ne tient pas compte des faits. Lorsque l'on utilise l'ironie dans la vie quotidienne, on constate très vite son effet, et il est possible, d'un sourire, d'une excuse, d'un geste de rectifier immédiatement l'impact du discours. Lorsque l'on utilise l'ironie sur le net, rien ne vient temporiser les mots écrits et interprétés.
L'ironie aussi peut faire mal à certains moments et , ne pas nous atteindre du tout à d'autres. Or, sur le net, nous émettons des jugements, des écrits qui vont arriver chez les autres sans que l'on sache exactement dans quel état ils réceptionnent le message. Si je suis en forme, l'ironie pour moi devient un outil d'analyse d'une communication bancale. Si je suis fatiguée, ou anxieuse pour une raison ou une autre, c'est une attaque directe.

Pourquoi utilise-t'on l'ironie?

La plupart du temps, il s'agit d'une attitude culturelle. Il y a des familles où l'ironie est une sorte d'outil intellectuel. Dans ce cas-là, elle devient un code à l'usage familial, et personne dans la famille ne s'offusque ou se vexe, puisque chacun peut la manier sans être remis en cause. Et lorsqu'un membre extérieur à la famille arrive il se demande dans quel traquenard on l'a amené. ( beaux frères, belles-soeurs :)

Parfois aussi, nous nous forgeons cette personnalité ironique en défense à des agressions vécues antérieurement. L'intelligence "intellectuelle" permet de jouer avec les mots et de les utiliser comme des boucliers voire comme des flèches de protection. Carapace forgée par le vécu, les épreuves, les difficultés antérieures, elle devient une sorte de personnalité à part entières.

Le plus difficile avec l'ironie, c'est que la plupart du temps, les personnes qui l'utilisent ne le savent pas vraiment. Elles savent bien que l'on réagit à leurs messages, mais ne comprennent pas les réactions qu'elles trouvent excessives à un discours qu'elles-mêmes jugent "réaliste".

Après l'ironie, vient le JUGEMENT.
Bien souvent, lorsque naissent des conflits, ils naissent sur la base de jugements de valeur sur ce qu'à dit l'autre, sur ce qu'il a fait, ou sur ce qu'il est. L'agression est de plus en plus forte selon le cas, elle est au maximum lorsque le jugement porte sur ce qu'il "est".

Quelques exemples : "Quand tu dis que......c'est nul.
Quand tu fais ceci, c'est complètement à coté du sujet
Tu es vraiment bouchée....
Moi je dis que et de toutes façon -tout le monde- pense ainsi"

En fait ces  expressions entraînent une réaction de rejet. Du coup, notre intervention fait partir la discussion sur le ressenti de l'autre et non plus sur les faits initiaux.  Elles s'appuient très souvent sur des "généralisations" telles que "tout le monde, tout le temps, les autres, on dit que, jamais, toujours.

Le jugement est souvent émis par des personnes qui ont besoin d'être rassurées sur leurs propres croyances. Elles veulent alors a tout prix, convaincre, persuader, voire assener leur propre vérité, sans tenir compte de la vérité de l'autre. Il y a de la difficulté dans la communication alors, car "qui ne pense pas comme moi, est hors jeu" voire pire. Ce mode de communication est courant, et souvent nous ne comprenons pas que nos interlocuteurs se vexent, rejettent notre avis. Nous avons le sentiment d'avoir donné notre avis, sans comprendre qu'en fait nous l'avons imposé.


Ce qui fausse aussi notre discours  ce sont les interprétations, les SUPPOSITIONS.

On dit souvent que les personnes alors font de la "prédiction" : "je sais bien ce que tu vas dire, je sais ce que tu penses, tu vas me dire que..." L'autre alors se sent floué de sa propre expression, il a le sentiment qu'il n'a pas le droit de s'exprimer.

D'autres éléments entrent en compte lors de ces dérapages : les fausses règles.
Ce sont des règles sur lesquelles nous appuyons notre discours : il faut, tu dois, de toutes façons c'est comme ça.

 

 

Et parfois, nous atteignons le sommet de la non-communication : les insultes et les injures. Pas grand'chose à en dire : les insultes et les injures sont les arguments de ceux qui n'en n'ont pas. Dans ce cas là, le silence devient nécessaire, on n'alimente pas un discours incohérent.

 

 

 

 

 

Tous ces éléments pris en particulier, ou pire, ensemble donne à tous les coups une belle claque de clics.







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Published by Michelle Bourgoin - dans L'agressivié
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