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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 23:55


C'est une histoirer pour les enfants, les grands enfants, et les petits, écrite un soir de juin, pour Johanne, sur son blog, dans la chambre d'à coté.


Installons-nous autour du feu, le zèbre s'est endormi et la girafe aussi. Joseph depuis longtemps a fermé ses yeux, mais comme tous les petits garçons, ses rêves sont des histoires qui sont la vie qui sont un rêves qui est la vie qui est un rêve...Il était une fois le rêve de Joseph...

Un petit oiseau bleu (pourquoi bleu? et pourquoi pas?)Se trouve sur le chemin. Un oiseau qui marche c'est un peu maladroit. Il tangue, il avance, il picore, il sautille, il tente d'ouvrir ses ailes. Joseph le regarde sans bien comprendre : un oiseau qui marche, c'est un peu maladroit, c'est comme un zèbre sans rayures, où une girafe sans tâches. (Non, ne réveillons pas le zèbre, on est trop nombreux dans la pièce à côté).

Intrigué, étonné, Joseph s'avance un peu. L'oiseau est affolé, inquiet, fatigué. Il tente vainement de déployer ses ailes, et reste sur le chemin. C'est un rêve n'est-ce pas? En rêve tout est possible, Joseph peut être très grand, très fort ou très petit. Là il se dit qu'il lui faudrait, pour comprendre l'oiseau, devenir plus petit. Il se concentre fort, ferme les poings, devient tout rouge. Pfffffff. Le voilà si petit que l'oiseau lui parait un géant. Bon, raté pour cette fois, il me faut recommencer se dit-il : Pffffff. Ayé, tout juste la même taille, tout pareil et tout bleu (nan ce n'est pas un schtroumpf Joseph) aussi. L'oiseau bleu et l'enfant bleu se regardent : Celui qui tanguait, hésitait, se cognait au chemin devient tout à coup plus hardi, il s'approche du petit. Joseph tend une main, prends un bout d'aile, et doucement la déploie. Il tend l'autre main, prend le bout de l'autre aile et la déploie aussi.

Cahin-caha, l'oiseau bleu et l'enfant bleu avancent sur le chemin. L'un regarde devant, l'autre veille sur l'arrière, en tirant le premier, l'accompagnant dans sa difficulté.

Pourtant, le chemin est toujours aussi difficile pour l'oiseau. Il se dit que l'enfant est bien gentil, qu'il le soutient, mais comment pourrait-il voler avec quelqu'un qui regardes derrières?

Joseph baisse les bras, s'arrête, et médite un moment. Et oui, les enfants ça médite mais on ne le sait pas : quand on joue on médites, quand on est joyeux on médites, quand on est concentré sur les petites voitures on médite. Donc, Joseph joue avec des cailloux dans sa main et médites. L'un des cailloux ouvre grand son bec (et oui, dans les rêves les cailloux parlent et ont un bec, tout est permis dans les rêves), donc il ouvre le bec, et lui dit : gros ballot, te voilà tout petit, et tu fais comment maintenant pour que l'oiseau s'envole, tu lui mets un coup de pieds aux fe...es? (Non, dans les rêves on est pas obligé d'être grossier, mais bon, un gros mot de temps en temps....)

Joseph se dit : hum, hum, être petit et bleu, ça n'a servi à rien. On a avancé de quelques centimètres, on est très fatigués, et l'oiseau commence à me regarder de travers. Mais d'abord pourquoi il ne peut pas voler hein? J'y peux rien moi, chui pas un grand.

Hé???? chui pas un grand????Ben si, dans les rêves, on peut être grand. Pffffffff il se concentres, et bangggggggg, Joseph est trrrrrrès grand tout à coup. Il touche la cime des arbres. Ah zut, il est encore bleu. Pfffffffff, je choisis quelle couleur là, tout de suite, pour maintenant? Rouge? Heu c'est un peu hard comme couleur, c'est bien pour agir, pour aller de l'avant, mais pour aider un petit oiseau bleu...Alors, jaune peut être, comme le soleil : ca réchauffe, et les plumes s'ébouriffent au soleil. Mais jaune et bleu, ca va ensemble? Ca fait du vert. Le vert c'est la couleur de l'amour universel il paraît. On essaie. Pfffffff Le voilà d'un beau jaune soleil. Joseph est immense et jaune soleil.

BOn, oiseau, tu m'entends....Et là, l'oiseau terrorisé, ne peut que faire un "cui" timide, même pas un cuicui comme un oiseau en bonne santé, sûr de lui, juste un "cui". Il se plaque à terre, et ne bouge plus d'une plume.

Ben cé moi l'oiseau, tu ne vois pas. Chui tout jaune pour que ton bleu devienne vert, que tu puisses voler, que.....vient quoi. Et il tend une main pour prendre un bout d'aile. Mais la main est si grande, si grande, qu'il ne peut rien faire sans risquer de blesser l'oiseau. Finalement, l'oiseau se rassure, et grimpe dans sa main.

Ils avancent sur le chemin, l'oiseau ne dit plus rien, et au fur et à mesure qu'ils avancent il devient terne, d'une vert pâle triste, et le jaune de Joseph est tout terne aussi. L'un et l'autre sont frustrés :l'oiseau ne vole toujours pas, et Joseph se voit condamner à marcher avec un oiseau handicapé. Finalement être grrrrand et jaune, ce n'est pas non plus la bonne solution.

Alors Joseph s'arrête et s'assoie sur une pierre de mousse (ouiiiiii d'abord, en rêve les pierres sont de mousse aussi).IL pose doucement l'oiseau bleu sur le chemin et il médites en traçant sur la terre des arabesques de routes pour les petites voitures. AYéééé, je SAIS. Je dois apprendre moi à voler pour lui apprendre à lui. Mais pour bien lui apprendre, il me faut faire le même poids que lui, et garder ma couleur à moi. Faire le même poids pour ne pas l'induire en erreur : je dois m'adapter à lui. Et garder ma couleur, pour que mon esprit reste aussi vif, pour pouvoir lui transmettre, car si je prends sa couleur, je prends son esprit et comme lui ne sait pas voler....C'est la quadrature du cercle ce truc.

Bon, alors un grand Pffffff pour reprendre ma belle couleur à moi (il est comment Joseph hein? C'est qui qui sait comment est Joseph : demandez à Aghui quand les guilis du matin courent sur sa peau tout chaude, Joseph est comme un pain tout frais, sa peau a la couleur du miel clair, et il sent le bébé chaud.)Donc le Pfffff étant fait, il lui faut maintenant, faire un autre grand PFffffff pour reprendre la taille et le poids du petit oiseau bleu.

Voilà Oiseau ce qu'on va faire, je vais monter dans l'arbre, et sauter. Reste en bas et regardes. Après c'est ton tour hein, regardes bien.

Branche après branche, il monte en s'écorchant les genoux, les bras, la figure. Enfin, le voilà tout en haut. Il respire très fort, et oui, il se souvient qu'il est "en rêve", donc tout va bien, et FFFFFFFFFF....il saute. Et Plaf il tombe comme un caillou pour atterrir sur les cailloux mousse ouf...L'oiseau rigole un peu sous une aile....c'est drôle ce petit gars si fier qui vient de se scratcher sur une grosse boule de mousse. Joseph est furieux, il grogne et peste : t'a qu'à te débrouiller enfin, t'a même pas regardé.

L'oiseau vient doucement vers lui, si si je t'ai regardé, mais moi tu sais, je ne pourrais jamais tomber comme ça, j'aurais trop peur, té quelqu'un de courageux...

Bon, Joseph se lève, enlève les brindilles de ses vêtements, et regardes son pote l'oiseau bleu. Dis donc toi, t'a un avis sur comment je peux t'aider à voler? Parce que moi tu vois, vu que je ne sais pas voler, j'ai du mal. J'ai tenté d'être comme toi, de ressentir comme toi, et ça n'a pas marché. J'ai tenté d'être plus fort, plus grand, et de faire ce que tu devrais faire, et ça n'a pas marché, alors tu vois, je ne sais pas quoi faire pour toi. Je me sens inutile, impuissant, je voudrais tant t'aider.

Ben tu sais dit l'oiseau, doucement, je me demande en fait si je ne sais pas voler. Je crois que je sais, mais je ne savais pas que je savais. Peut être que si on en parlait, que tu m'expliquais par exemple comment toi tu a fais pour apprendre à marcher, je trouverais comment moi je peux apprendre à voler.

Joseph s'est penché, a pris l'oiseau dans sa main, lui a dit plein de choses dans son oreille d'oiseau, l'a caressé doucement, l'a bercé un peu aussi. Il a pris le jaune du soleil pour lui chauffer le cœur, le vert de l'amour pour partager son âme, le bleu de l'oiseau pour la liberté et...il l'admire encore, là, maintenant, parce que Joseph lui, IL DORT....

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Published by Michelle Bourgoin - dans Confiance en soi
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