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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 11:49

 

 

 

 

 

 

 

 

Le cercle est –il vicieux ou vertueux, qui me condamnerait à toujours plus de travail, ou qui me mènerait à toujours plus de bonheur dans le travail ?

 

A lire certains articles qui concernent les femmes de plus de 50 ans, (http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2011/04/20110414-164205.html) condamnées au chômage, ou le bonheur au travail, ou la pénibilité au travail,

 

Il me vient des idées dans ma petite tête de 64 ans ; elles me soufflent la chance de toujours ce plaisir du travail qui est le mien, qui m’a été confié, que je cherche à chaque instant à reconstruire, et réinventer. Il me vient aussi dans les os et les articulations des déchirures qui murmurent qu’il serait temps de se calmer, d’aller un peu moins vite, un peu moins fort. Il me vient aussi parfois de ces découragements d’une fatigue si intense qu’elle bouscule toutes notions de plaisir, de bonheur au travail, d’énergie à transmettre, une fatigue qui dirait  que chaque chose a son tempo, et qu’il conviendrait d’en changer. Il me vient aussi de plus en plus souvent, l’envie d’écrire sans contrainte, de lire sans but, de prendre les chemins qui ne mènent à rien autour de ma maison, le chien en bandoulière, le nez au vent, de partir en ville découvrir de ces nouveaux films que je ne vois passer que par leurs critiques, d’être en quelque sorte, juste moi-même, toutes ces choses essentielles qui sont présentes à chaque instant comme ces bulles que l’on aime tant, et qui claquent avant même d’avoir pu être admirées.

 

Je me dis que la vie s’allonge, et que le temps n’est plus le même qu’autrefois où l’on était usé avant d’avoir vécu, je me dis aussi que le travail, s’il s’accomplit dans la légèreté et la joie, est un cadeau que l’on doit partager, je me dis qu’il me faut de nouveau, revoir mes priorités, et préparer le corps à plus d’attention afin qu’il m’accompagne un pas de plus encore. Parce que finalement, je ne suis pas celle qui partira le nez au vent, chien en bandoulière sans but, je suis celle qui le fera, et qui rentrera riche de plus d’idées, de nouveautés, de petits éclats d’instants qu’il sera bon de partager avec un groupe, une personne, un enfant, quelqu’un. On appelle ça « travail », je le vis comme « richesse ». Alors oui, la vieillesse y donne un goût peut être parfois plus amer, le corps ne se plie pas aux exigences de l’esprit, il convient bien sûr de revoir ceci, pourtant, « être riche de son travail » toute la vie, quel cadeau à partager pour tous ceux qui luttent, qui se battent devant le poids d’un non-travail, les barrières de non-diplômes, la fatigue harassante d'un travail non choisi.

 

C’est fou comme un cri de détresse, un article lu dans la presse, peut tout à coup être une mesure de la chance que l’on a…Chance, …un article écrit un jour aussi, suite à la lecture d’un autre article…

http://www.facebook.com/notes.php?id=720824196#!/note.php?note_id=409378594639

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Published by Michelle Bourgoin - dans Méditation du jour
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commentaires

Suzanne LaBrie 10/07/2011 16:40



C'est un texte bien senti et combien juste. Merci.



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