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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 15:12

garf12.gif"Alors je tergiverse, je fuis, je m'efface, j'accumule les rancœurs, les frustrations, les non-dits..., je rentre dans ma coquille, je souris d'un air gêné, en un mot, je ne suis pas moi-même, puis je tente d'oublier, de ne pas y penser, de comprendre l'autre dans ce qu'il a voulu dire, d'excuser aussi..."

 

Petites phrases entendues au détour de mes pérégrinations professionnelles qui, chaque fois, me renvoient comme un miroir à mes propres faiblesses.

 

"J'veux qu'on m'aime, j'veux pas de cris, j'veux juste que l'on me porte attention, j'veux être RECONNUE", alors oui, je n'aime pas CE QUI POURRAIT ËTRE UN CONFLIT."0001.gif

 

Tous ces mots que j'aurais pu dire, écrire, maugréer, lancer.

 

Chaque fois qu'une discussion présente le "risque" d'une confrontation, nous agissons comme si le monde allait nous tomber sur la tête, en imaginant des réactions excessives, parfois justes, mais le plus souvent erronées. Parce qu'en fait, si nous allons au bout des choses, qu'est ce qui pourrait bien arriver, si un conflit éclatait? Le monde s'arrêterait de tourner? Notre vie en serait changée à jamais? On nous mettrait "hors jeu?"

 

Il y a tant d'émotions dans ces imaginaires qu'elles ne laissent plus la place à une réalité bien concrète : si j'ai quelque chose à dire, je peux le dire sans me mettre en danger, en relatant des faits, et les conséquences de ces faits, en expliquant ce que JE ressens, sans pour autant accuser l'autre des pires turpitudes.

 

Et en y regardant de plus près, nous avons plus peur de notre propre affirmation personnelle que de la réaction de l'autre, "on n'est même pas cap...", nous refusons la confrontation.

 

Cette confrontation pourtant, pourrait prendre une forme de dialogue 0002.gifqui dirait qu'avoir raison n'est pas forcément l'objectif, mais qu'être en résonnance serait un atout pour avancer ensemble. La peur qui  paralyse vient du fond de notre être, et la psychanalyse y déniche bien des ombres qu'il nous faut pourtant éclairer, au risque de se nier soi-même.

 

Ce chemin semble ardu pour certains, plus simple pour d'autres. L'idée serait pourtant d'être en observation plutôt qu'en réaction. Lorsque je réagis, je monte un mur infranchissable entre l'autre et moi-même. Lorsque j'observe avec bienveillance mais fermeté, ce qui se passe, je laisse à l'autre une porte grande ouverte, la main sur la porte toutefois, pour me protéger...et j'exprime mon choix de laisser la porte entr'ouverte, grande ouverte, ou...de la refermer.

 

Parfois je me dis que cette fuite est aussi une sorte d'orgueil : "voyez comme je suis calme, rien ne m'affecte, et même, je vous excuse pour votre maladresse...Je suis celle qui comprend, qui entend, qui conseille". Et de fil en aiguilles, je tricote ma vie, à la hauteur des frustrations quotidiennes que je ne sais pas gérer ,sous le prétexte d'une attitude bienveillante.

 

Et pourtant...Ca fait un bien fou de dire parfois : "Non, tu vois je n'ai pas très envie de venir", ou bien "Ecoutes, là tu dépasses les bornes, quand tu t'exprimes de cette façon, voilà ce que moi je ressens" ou encore "Il ne m'est pas possible d'accepter cette attitude" Tout ceci n'impliquant pas un ton agressif ou violent, il s'agit juste alors d'exprimer nos ressentis, nos choix, sans pour autant nous justifier ou juger l'autre.

 

Ne pas oser affronter une discussion qui s'annonce comme orageuse, est une attitude jumelle de celle qui consiste à ne pas "savoir dire non". Si je refuse peut être "qu'on ne m'aimera plus"... Peut être que je perdrais cette aura de générosité, de disponibilité qui est comme une seconde peau chez moi. Là encore, c'est l'image de moi-même que je négocie en niant "QUI je suis" pour n'être plus que "celle que les autres voudraient que je sois". Et ça arrange tout le monde jusqu'à...ce que tout craque et que j'explose :):)

 

La notion de "timbres" en analyse transactionnelle exprime tellement bien ces raz le bol que l'on balance un beau jour pour une action anodine qui n'en méritait pas tant : "cette fois c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase"

 

Et oui, mais en fait, ce vase pourquoi l'ais je laissé se remplir autant? Pourquoi n'ais je pas arrêté le robinet? Pourquoi ais je laissé le vase sous le robinet? Je suis responsable de mon vase et de mon robinet non? Eux, ils n'y sont pour rien si je les laisses couler et se remplir.

 

Si je laisse l'autre me déborder de ses sarcasmes, de ses réflexions, de ses exigeances, ou de ses humeurs, il n'y aura bientôt en moi, plus de place pour moi...

 

 

Notre propre lumière....


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Published by Michelle Bourgoin - dans Communication
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commentaires

Malika Ghilani 09/03/2012 10:54


Bonjour Michelle,


J'ai vraiment apprécié la fluidité de votre article que j'ai trouvé parce que je faisais des recherches sur cette thématique.


Il est impressionnant de voir comment les items sont imbriqués les uns dans les autres pour en générer "je n'aime pas les conflits". Une synthèse qui est loin d'éclairer sur le système complexe
qui s'est mis en place et fait twister la personnalité dans beaucoup d'actes du quotidien.


Le juste dosage pour conserver sa place au milieu des autres.


Merci pour le réalisme de votre article. Malika Ghilani

delmer 07/04/2011 13:14



En lisant ces lignes je me reconnais à 100%!  Et pourtant quand on me connait on ne le pense pas car avec le
temps j'ai toujours sû éviter ce genres de conflits! On ne se dispute jamais avec moi puisque je suis toujours agréable,marrante etc..par contre quand je me sens bléssée, je rumine en moi une
colère monstre! Mais cette colère reste au fond de mes trippes! parfois elle sort mais avec des proportions énormes! Et l'autre en face de moi ne comprend pas...Dans ma vie privée...seuls mes
enfants me voient "vraie" je suis douce , marrante mais je sais dire non! Pourquoi? Je sais que mes parents étaient violents entre eux..j'ai souvent vu mon père taper ma mère et voler les
meubles..j'ai vu ma mère se battre à chaque fois qu'on changeait de maison..parce qu'elle etait "psychiatriquement paranoiaque"et qu'elle finissait par penser que tous les voisins étaitent des
comploteurs..alors j'ai peur...au fond j'ai peur de ne pas maitriser mes émotions et que fatalement je finirai par me battre..je suis incapable de dire tout de suite ce qui me blesse..je le fais
mais trop tard quand mon vase est plein!!! Je souffre de cette non affirmation..mon ami est "dominant" dans notre couple, il est gentil, mais lui dit ce qu'il pense même si pour moi je trouve
qu'il est maladroit..parce que parfois ça me fait trop mal!!!Il dit que je suis une femme enfant..parfois c'est vrai..je fuis le conflit..je me blottis contre lui telle une petite fille quand
l'émotion est trop forte..Ce qui est étrange, c'est qu'il y a quelques années je n'étais pas comme ça..plus le temps passe pire c'est!!!  Quelque chose a changé en moi quand le
pere de mes enfants m'a annoncé qu'il ne m'aimait plus il y a trois et demi..j'ai passé 14 ans de ma vie avec lui...Cela a reveillé des choses en moi..reveillé la petite fille apeurée en
moi..d'être abandonnée..encore car lors des bagarres de mes parents..la ddas nous plaçait en foyer mes soeurs et moi, parfois séparément..et j'avais peur du haut de mes 2 ans qu'ils nous laissent
là..Mon ami me protège et je suis heureuse maintenant, j'ai toujours peur qu'il m'abandonne un jour...Marie



mamyjos 28/05/2010 12:18



Merci Michelle,dommage que nous ne nous sommes pas connues plus tôt!


J'aurai peut étre véçu ma vie autrement,mais il faut passer par toutes les étapes pour se faire!



mamyjos 24/05/2010 09:30



ouf,maintenant je commence a me retrouver,trouver même et tout cela grâce à des personnes comme toi,merci!



Michelle Bourgoin 24/05/2010 10:37



ca fait du bien de te lire:)



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