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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 15:42
Le premier dont je me souvienne, était autour d'une "petite maison grise". J'avais 5 ans je crois, car le souvenir qui me revient c'est une allée de graviers, assez longue pour apprendre à faire du vélo et mon père qui me lance, me soutient, m'encourage et...me lâche. Moi, à toute vitesse, sans prendre le temps de savoir comment on s'arrête ..chute..mais quelle fiertée, une première fois sans les "roulettes"..pemiers genoux couronnés!!

Le second jardin qui m'habite est celui de mes grands parents : une grande maison, entourée d'un parc dans lequel mon grand'père avait planté des arbres de toutes essences, des iris plein les massifs, des rosiers devant la maison, un  marronier avec la table pour le gouter...Au fond du jardin, un immense sapin sur lequel les 12 cousins et cousines grimpaient de branche en branche : tout en haut on était les rois du monde.

Pour le vélo c'était génial : il y avait la "grande descente" dans laquelle mes frères et cousins installaient des tremplins, nous nous lancions ma cousine et moi comme des dingues, cobayes des garçons qui eux, la plupart du temps se défilaient.

Il y avait la "petite descente", qui passait devant la cuisine, avec ma grand'mère qui sortait en criant : "pas si vite, tu vas tomber" Et paf, vive la prédiction!!! Que de chutes sur ces cailloux monstrueux...Mais quelle adrénaline de s'élancer chaque fois en se disant que oui, cette fois, on irait encore plus vite.

Il y avait aussi le jardin du fond : un sentier entre les buis où nous testions les voitures fabriquées par mon frère. Que de chutes, de robes déchirées, de fous rires et de larmes. Là était un buisson de framboise que l'on massacrait en tombant en plein coeur.. Un chataignier aussi, et les légumes de mon grand'père...

Il y avait le poulailler ou chaque matin nous allions porter à manger aux poules, les oeufs du matin, un régal...Il ya avait les cousins, les cousines, ma grand'mère, la tendresse, la rudesse...

Le troisième jardin où je flane parfois, est celui de la maison de mes parents : 13 chênes, une grande prairie, un potager plein de merveilles et ma mère, le derrière en l'air, penchée sur ses trésors, nous préparait les légumes du soleil, ceuillis avec amour, cuits avec tendresse.

Il y avait les poiriers, et le souvenir de nous deux, toi et moi, seuls au monde regardant le ciel...

il y avait le vieux landau que maman avait retapé pour son petit dernier : quelles rigolades lorsque nous te promenions la dedans Jean-pascal, tu riais aux éclats comme tu as toujours fait, déjà tout petit ton rire nous éclatait aux oreiles, et ce vieux landeau bleu indigo, comme on l'a préparé avec amour.

Il y avait un prunier derrière la maison, plein de prunes soleil, dont les abeilles se gavaient. On leur laissait le prunier, parce qu'une abeille à la maison, c'est du bonheur disait maman.

Il y avait le vieux puit à main : une pompe pour monter l'eau, une eau trop délicieuse. Souvenirs de mon père chaque matin qui pompait, qui pompait, un vrai shadock!!Et nous les "grands" on riait, de le voir regarder avec amour,  maman assise sur le petit banc de pierre, qui soignait les pétunias. Et oui, les pétunias : grands habitants de la maison, partout ils poussaient et jamais on ne s'en lassait.

J'avais 15 ans, le blues de l'adolescence dans la chaleur de l'été, je me souviens de ces après-midi toute en langueur, où je découvrais le monde avec un "transistor", radio qui captait le monde entier...

Un autre jardin habite mon souvenir : De gands eucalyptus, une allée qui n'en finit pas, un parc plein de mystères où couraient mes petitsf... L'odeur des eucalyptus qui ne me lâche pas, je cherche sans arrêt mes souvenirs dans cette odeur d'été. Ma toute première qui, à six mois découvre ses grands parents, et toujours l'odeur entetante des eucalyptus, mon ptit gars qui galope à l'assaut de la citerne, nous étions inconscients de laisser ces deux enfants courir ainsi, mais quelle magie...


et vint le petit jardin de chatou, ma maison, mon refuge, le nid de mon troisième bébé : du jour ou tu as dit : on n'aura pas de nouvel enfant tant qu'on n'aura pas une maison, je n'ai eu de cesse de la trouver...En trois semaines elle fut trouvée. Petite maison biscornue, pleine de nos joies, de nos chagrins, de nos vies. Jardin nu et triste qui devint peu à peu un ombrage  protégeant mes petits, jardin lilas, jardin rosiers, jardin poissons....combien de fois je me suis assise dans ce petit jardin, laissant aller mes pensées, puis reprenant le collier d'une vie intense. Et jardin qui fut aussi le refuge d'une "presque quatrième enfant", mon canard vert écorchée de la vie...oui je sais les poissons ont valsés à cette époque, Bouddha le chat : je t'ai vu!

Enfin, le paradis des lézards qui se voit en mutation perpétuelle, fleurs parfois, arbres souvent, herbe l'automne, cailloux l'été, il est le jardin de mes petits fils, né avec Tom. On ne s'y trompe pas d'ailleurs : à coté du petit banc de pierres, le tracteur se repose, le tobogan souffle un peu, et le bac à sable n'attend que la pelle de Joseph...Une histoire qui dure encore...




Mes jardins, souvenirs vivants, s'éclatent comme une bulle d'énergie : lorsque plus rien ne va, que tout me parait insurmontable, je me promène dans mes jardins et j'y trouve toutes les énergies utiles pour aller de l'avant, faire face, repartir...Nos souvenirs sont nos plus belles ressources, a condition toutefois de ne se "recharger" qu'en souvenirs précieux, forts et joyeux...

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Published by Michelle Bourgoin - dans Stress
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commentaires

mamyjos 24/05/2010 16:59



Comme j'aime les jardins,ceux de mon enfance,ceux de mes enfants et maintenant ceux des petits enfants,ils sont tellement remplis de jolies choses,on y trouve tant de coin au raconter nos
souvenirs,de nouvelles histoires qui consolent et les parcs au je peux quand rien ne va me promener,pleurer,crier,me retrouver et afin retrouver les miens avec mon regard serein ......



valérie 02/09/2009 11:11

que j'aimerai marcher dans ces jardins qui semblent si sereins !!!l'automne arrive avec ses couleurs magnifiques que j'affectionnent particulièrement et tous ces jardins sont encore plus beaux !val

Hélène d'Espagne 02/09/2009 00:55

Que j'aime cette évocation de tous tes jardins! Il faudra que moi aussi, pardon de te "plagier", j'écrive et je décrive tous les jardins de ma vie, ma vie dans les jardins, les jardins, un des grands bonheurs de ma vie, et je le dois à maman, sans le moindre doute.Tu vas mieux? Moins de soucis d'enfants? Ah nos chéris, dans mon cas, ma chérie, que de joies, que d'inquiétudes et que d'impuissance quand leur vie ne ressemble pas à ce qu'il nous semble qu'elle devrait être!Toujours agacée et fatiguée par ma tendinite-sciatique, je vais essayer de dormir malgré la canicule.Tu as de bien beaux enfants et petis- enfants soit dit en pensant.Je t'embrasse, bonne nuit.Hélène

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