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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 23:31

Il y a 28 ans, tu étais toute petite comme "ca"...pas encore née à cette heure là, et pourtant bousculante, anarchique, étonnante mais je ne savais pas qu'il y avait un "e" à la fin de tes adjectifs : l'échographie n'avait montré que ta bonne santé, tu nous tournais le dos...déjà...pour une belle surprise.

C'est vers cette heure là que je suis partie pour soi-disant dormir, laissant ton papa devant  je ne sais plus quel film, mon dieu, j'ai oublié, comment ais-je pu oublier ce film que ...je n'ai jamais vu...

Dans le grand lit, de la chambre du bas, je caressais tes ondulations en me demandant si tu allais te calmer ou te décider à venir. Mais non, tu as attendu que ton père s'endorme pour frapper plus fort.

Nous avons réveillé Anne et Cédric, ils sont descendus dormir dans le grand lit du bas, la chienne Plume sur les pieds, JAson et Mitsie de l'autre coté.

J'avais lu le livre "la chambre des dames" un peu plu tôt, et j'avais rêvée de leur pelisse en fourrure, fourrure à l'intérieur du vêtement, alors ton papa m'a offert un manteau-pelisse dans lequel je nous ai plié comme j'ai pu : on débordait un peu ...et la main dans la main, nous sommes partis à l'hôpital.

Arrivée un peu angoissante : trop de tension m'dame...Et voilà qu'on nous laisse dans un couloir, parce que ...tu vas prendre ton temps. Du coup, on rit un peu, on se dit "à dmin", et papa rentre bien vite à la maison : jamais on n'a laissé les enfants seuls, on n'aime pas ça du tout, alors chacun son job : lui avec la tribu, moi avec la dernière arrivée qui s'annonce. En même temps, on n'aurait pu difficilement faire l'inverse.

Cette longue nuit avec toi est un souvenir étrange : j'entendais les mamans qui arrivaient, les bébés qui annoncaient leur venue au monde, la sage femme qui me visitait en coup de vent...14 naissances, que des garçons....Et nous, on aurait bien aimé une.....fille...La sage femme riait en me disant : vous bavardez tellement avec cet enfant qu'il ne va pas vouloir vous quitter...Elle repars, et nous replongons toi et moi dans notre conciliabule étrange. Je te racontais la maison, la vie comment ça sera, ton frère, ta soeur, le chien, les chats. Je te disais que ca allait être un moment dur, mais que j'étais là, avec toi, comme je le serais toujours, même quand tu ne me verras plus. Je te disais que nous ferions de belles choses ensemble, que tu aurais une belle vie, que...;que....que....et je m'endormais entre deux contractions. Toutes les 10minutes, jusqu'à la fin qui fut.....un peu rapide, vu que la sage femme épuisée s'était endormie et que j'ai dû l'appeler un peu tard.

A 9h30 papa pointe son nez, et annonce pas très fier : il faut que j'aille bosser là....Dehors, tout est gelé, et lorsque je regardes par la fenêtre, je vois un oiseau qui piaille...Allez savoir pourquoi, j'ai vu ou entendu un oiseau à chaque naissance...Allez savoir pourquoi...Bon, là ca commence à bien faire, ca traine trop, il faut que tu arrives et...

te voilà....tu ne respires pas, moi non plus, personne ne respires dans cette pièce, c'est comme une bulle de parenthèse, une vie...pffffffffff ouiiiiiiii enfin j'entends ta voix, et tu rampes jusqu'à moi...Une floppée de médecins entrent et viennent t'admirer l'air de rien. J'ai su ensuite qu'ils ont été appelés de pédiatrie...

Petite fille toute rose, tu hurles ta rage sous un robinet duquel je te fais sortir en hurlant plus fort que toi : interdiction de sauvager GAÏLLE....J'ai hurlé ton nom, et....tu n'a plus rien dit, étant enfin reconnue tu as posé ta tête sur mon épaule, et tu as attendu...ton père.

Quand il est arrivé, il ne savait pas que tu étais une petite fille, on lui a dit : le bébé est né, on n'a pas le droit de vous dire....Et ton regard noir l'a accroché dès son entrée, pour ne plus le lâcher. Je crois qu'à cet instant il a su, que de ses trois enfants, tu serais celle qui lâcherais rien...Trois jours tu as tenu, le fixant dès son arrivée pour ne pas le lâcher.

Et chaque année, nous découvrons ensemble un nouveau mois de janvier, qui te mène à ta vie, qui me ramène à la mienne. J'aime vos anniversaires, ils marquent vos évolutions, vos victoires, vos fragilités. J

e voudrais te faire une provision d'amour, de calins, de tendresse, pour les moments baroques, sans neige, sans soleil. Je voudrais te construire une forteresse de lumière, pour tes hivers si sombres, je voudrais t'offrir ...mais non, je dois te laisser acquérir ce que je voudrais tant t'offrir. Ëtre maman, c'est recommencer chaque fois un chemin à l'envers : ne pas faire à ta place, te laisser faire ta place, être là et devenir transparente, partir sans disparaître.

BON ANNIVERSAIRE GAÏLLE, tu as 28 ans et j'ai le sentiment que je berce mon tout petit bébé, flocon de janvier, né avec la neige, en prenant tout ton temps pour savourer la vie qui s'annonce.

Ta maman qui t'aime


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Published by Michelle Bourgoin - dans LA VIE tout simplement
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commentaires

LN 19/01/2009 20:32

vous êtes une maman de rêve ! c'est un magnifique hommage rendu à Gaille.bisousLN

cath 19/01/2009 04:33

Je decouvre votre blog via Jo, et je salue votre plume magnifique et tellement vibrante d'emotions.Je suis epatee combien le souvenir de cette naissance est encore vivide 28 ans apres. AmicalementCath 

cath 19/01/2009 04:33

Je decouvre votre blog via Jo, et je salue votre plume magnifique et tellement vibrante d'emotions.Je suis epatee combien le souvenir de cette naissance est encore vivide 28 ans apres. AmicalementCath 

Mercédès 18/01/2009 20:16

C'est jolie émouvant un hyme à la vie à l'amour d'une mère à sont enfant....Magnifique.Biz

Luna 15/01/2009 10:23

Simplement magnifique......Merci..............Luna

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